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L'histoire revisitée

Un épisode méconnu et douloureux de notre histoire aujourd'hui oublié en France :
Yves Claveyrolles a réussi le tour de force de réunir au fil du temps une masse de documents impressionnant originaux et authentiques (plus de 350) sur la période 1830-1855 le temps des Français en Uruguay.
Cette période dramatique et oubliée de notre histoire où la France laissa mourir ses compatriotes dans des conditions horribles retient toute notre attention. De nombreuses questions se posent encore aujourd'hui. Pourquoi un tel abandon ? Et pourquoi l'histoire avec un grand H fait- elle l'impasse sur ces tristes évènements ? Aujourd'hui heureusement que les documents de Yves Claveyrolles remettent les pendules à l'heure.

Vous trouverez quelques extraits de ces documents exceptionnels au format *.pdf (Acrobat Reader) sur la page ''documents''

La période 1839-1852 est connue sous le nom de ''Guerra Grande''. En effet, les arrivées françaises à Montévidéo ont constitué jusqu'en 1843 un véritable raz de marée. La ''Guerra grande'' a été marquée par plusieurs interventions des flottes françaises et britaniques.

Pour les personnes intéressées ces documents peuvent éventuellement être mis en vente en contactant l'intéressé ci-dessus.

Cette histoire revisitée peut-elle être encore réécrite à travers cette récente découverte des documents retrouvés par Yves Claveyrolles afin que la vérité puisse être enfin publiée et les responsables désignés ?

 

Site Documents historiques
Yves claveyrolles 30260 QUISSAC - mail : claveyrolles.yves@orange.fr
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YVES CLAVEYROLLES
DOCUMENTS HISTORIQUES

       


LES HOMMES IMPORTANTS


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GUY VICTOR DUPERE
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COMTE DE BOURMONT
 -
CHARLES  X

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MARECHAL BERTRAND CLAUZEL
-
CLAUDE CHARLES MARIE DU CAMPE DE ROSAMEL
-
CHARLES LEMERCIER DE LONGPRE BARON D'HAUSSEZ
-
CHARLES BAUDIN
-
COMTE ANTOINE APOLLINAIRE D'ARGOUT
-
HUSSEIN DEY  OU  HUSSEIN PACHA
-
JULES DE POLIGNAC  (1780 - 1847)
 - ABD EL KADER 06/09/1808  -  26/05/1883

                                       NB : Cliquez sur le nom souhaité pour faire apparaître sa biographie
                                                Tous ces noms se retrouvent dans les documents originaux que possède Yves Claveyrolles














 

 

GUY VICTOR DUPERE  20/02/1775  -  02/11/1846
 

Le baron Victor Guy Duperré est un amiral français, marin d'Empire, pair de France et ministre de la Marine et des Colonies, né à La Rochelle le 20 février 1775 et mort à Paris le 2 novembre 1846.

Biographie

Né dans une vieille famille rochelaise, vingt-deuxième enfant de Jean Augustin Duperré, conseiller du roi et trésorier de la guerre, et de Marie-Gabrielle Prat-Desprez, Victor Guy Duperré passa quelques années chez les Oratoriens du collège de Juilly, avant de s'embarquer comme mousse, dès l'âge de 16 ans (1791), sur un navire de commerce, le
Henri IV, en partance pour les Indes.

Sous la Révolution et l'Empire

Il entra dans la marine militaire (novembre 1792) et servit, durant la guerre contre les Pays-Bas et le Royaume-Uni, sur la corvette Le Maire-Guiton, puis sur la frégate Le Tartu, avant de passer en qualité d'enseigne de vaisseau auxiliaire à bord de La Virginie (mai 1796). Un mois plus tard, fait prisonnier par les Anglais dans un combat de nuit, il fut incarcéré en Angleterre, échangé deux ans après, et reçut le brevet d'enseigne de vaisseau. Il commanda la corvette La Pélagie puis fut nommé lieutenant de vaisseau (1804), puis adjudant du préfet maritime de Boulogne-sur-Mer. En 1806, il fit campagne au Brésil sur Le
Vétéran sous les ordres de Jérôme Bonaparte et fut promu, à son retour, capitaine de frégate (28 septembre 1806). En 1808, il dirigea un convoi de troupes sur la Martinique et, en rentrant en France, il soutint, en vue de Lorient, un combat héroïque contre la croisière anglaise et ne put se sauver qu'en s'échouant à la côte. Napoléon Ier le nomma capitaine de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur, avant de le promouvoir directement au grade de commandeur. Le 6 décembre 1810, il le créa baron Guy-Victor Duperré 2 de l'Empire. Chargé d'une mission à l'Île de France, sur La Bellone, il disputa longtemps cette île aux Anglais, s'emparant ou coulant plusieurs de leurs bâtiments dans les mers de l'Inde, et remportant notamment, le 23 août 1810, la bataille de Grand Port, seule victoire maritime des guerres napoléoniennes, ce qui lui valut d'être promu contre-amiral à son retour en France, en septembre 1811.
De 1812 à 1814, il commanda les forces navales françaises et italiennes de la Méditerranée et de l'Adriatique, ainsi que les forces navales à Venise, qu'il défendit contre les Autrichiens en 1814.

Sous la Restauration

Préfet maritime de Toulon pendant les Cent-Jours en 1815, il fut mis en non-activité par la Restauration, mais rappelé au service en 1818. Il commanda l'escadre chargée du blocus de Cadix, lors de la guerre d'Espagne de 1823, et fut promu vice-amiral en octobre 1823 grand officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis (1824). Il fut nommé inspecteur du 5e arrondissement militaire, puis envoyé à Brest comme préfet maritime (1827).
Bien qu'hostile à l'expédition d'Alger, il fut nommé le 5 février 1830, par le roi Charles X, commandant de la flotte sous les ordres du comte de Bourmont, commandant en chef le corps expéditionnaire contre la régence d'Alger. Cette flotte, qui comportait 103 bâtiments de guerre, 572 navires de commerce transportant 35 000 soldats, 3 800 chevaux et 91 pièces d'artillerie de gros calibre, contribua puissamment à la prise d'Alger.
En récompense, il fut fait pair de France le 16 juillet 1830.

Sous la monarchie de Juillet

Son élévation à la pairie ayant été annulée par la mesure générale prise après la Révolution de 1830, Louis-Philippe Ier le renomma pair de France le 18 août 1830 et le promut au grade d'amiral en mars 1831.
Duperré était alors en Afrique. Rappelé en France en octobre 1831, il fut nommé à la tête du conseil d'amirauté.
Il accepta de devenir ministre de la Marine et des Colonies le 18 novembre 1834 dans le ministère du ducde Trévise, et conserva ce portefeuille dans le ministère du duc de Broglie puis dans le premier ministère Thiers et tomba avec ce dernier le 6 septembre 1836. Il retrouva ce portefeuille du 12 mai 1839 au 29 février 1840 dans le deuxième ministère Soult.
Comme ministre, il prit d'importantes mesuresd'administration. Après le rejet du projet de dotation pour le duc de Nemours, qui entraîna la chute du cabinet, il déclara : « Le ministère a reçu dans le ventre un boulet qui est allé se loger dans le bois de la couronne. »[1] Il reprit une troisième fois le portefeuille Guy-Victor Duperré de la marine dans le troisième ministère Soult le 29 octobre 1840, jusqu'à sa retraite définitive le 6 février 1843, pour raisons de santé. Il mourut trois ans plus tard le 2 novembre 1846 à Saint-Servan.
L'amiral Tupinier prononça son
Éloge funèbre à la Chambre des Pairs. Enterré aux Invalides après des funérailles nationales, son nom figure sur l'Arc de triomphe de Paris.
La ville de La Rochelle lui a élevé une statue, inaugurée le 17 octobre 1869;
                                                                                                                                         
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LOUIS AUGUSTE VICTOR DE GHAISNE COMTE DE BOURMONT


Louis Auguste Victor de Ghaisne, comte de Bourmont et maréchal de France (1830)
(surnom chouan : Renardin). Né le (2 septembre 1773 et mort 27 octobre 1846 à Freigné en Maine-et-Loire.

Origine
Fils de Louis Marie Eugène de Ghaisne de Bourmont et de Joséphine Sophie Marie de Coutances, il est issu d'une vieille famille angevine[1] (venue des Flandres) qui avait donné depuis plusieurs siècles de brillants officiers à la France. Il est collégien à l'école royale militaire de Sorèze de 1787 à 1790. Il y fait la connaissance d'Henri de La Rochejaquelein, d'un an son aîné.

La Révolution française
À 15 ans, le 12 octobre 1788, il entre au régiment des Gardes-Françaises avec le grade d'enseigne, assiste au évènements du 14 juillet 1789 et à la mutinerie de son régiment le même jour. Le 31 août 1789, au licenciement de ce corps, il retourne au château de Bourmont d'où il émigre avec son père à la fin de 1790, pour se rendre à Turin. En 1791, il sert sur le Rhin comme aide de camp du prince de Condé.
Le 21 janvier 1791, son père décède à Turin, il revient quelques mois en France auprès de sa mère, puis rejoint le comte d'Artois à Coblentz. Le régiment des gardes françaises ayant été formé dans cette ville sous le nom d'hommes d'armes à pied, Bourmont y est nommé sous-lieutenant, grade équivalent à celui de capitaine.
En 1792, Bourmont fit la campagne qui se termina par la retraite de Brunswick. Au licenciement de l'armée des émigrés, il rejoint sa mère à Bar-le-Duc, il avait 20 ans. Puis il quitta la France et s'engagea comme simple soldat dans le corps du prince de Condé, participa en septembre 1793 à l'enlèvement des lignes de Wissembourg, puis le 2 décembre, au combat de Bercheim.

Les guerres de Vendée
En 1795, il obtint du prince de Condé la permission de passer dans l'Ouest où il eut un rôle grandissant et servit d'abord d'agent de liaison entre l'insurrection et l'émigration. Ses biens étaient vendus comme biens nationaux et les prêtres, traqués comme des malfaiteurs, comme le vieux curé de Freigné, Morin du Granval, celui-là même qui l'avait baptisé avait été exécuté par le tribunal révolutionnaire. Un tel sang, pour les Chouans, et un tel régime criait vengeance. L'adjudant-général, le vicomte de Scépeaux, lui donna le commandement en second de ses troupes et le grade de major-général.
Chargé par Scépeaux d'aller à l'armée de Condé solliciter la présence dans l'Ouest d'un prince de la famille de Bourbon, il s'acquitta de sa mission, se remit en route pour retourner en Vendée et apprit la bataille de Quiberon avant d'y arriver.
Au mois de janvier 1796, le vicomte de Scépeaux chargea le comte de Bourmont d'aller en Angleterre exposer à Louis XVIII de France la situation des provinces royalistes. Bourmont trouva le comte d'Artois à Édimbourg et reçut de ses mains la croix de Saint-Louis, en même temps que le duc d'Angoulême. Il avait alors 22 ans. D'Angleterre, il prépare activement les élections du 21 mars 1797, s'occupant d'organiser la propagande royaliste dans les départements de l'Eure, de l'Orne et des Côtes du Nord.
Bourmont retourna en Vendée; mais, la paix ayant été conclue avec les chefs royalistes, il  demanda au général Hoche la permission de retourner en Angleterre, permission qui ne lui fut pas donnée et exclus des mesures de clémence accordées aux insurgés et sous le prétexte qu'il est émigré, il est condamné à l'exil en Suisse et est mis sous escorte jusqu'à la frontière .  

La Chouannerie
L'année suivante, Bourmont entra dans de nouvelles menées et vint secrètement à Paris, déguisé pour préparer, aidé de quelques autres, une conspiration dont Pichegru était l'âme.
L'arrestation des chefs militaires comprima le mouvement préparé, Bourmont s'enfuit pour Londres, où il resta jusqu'en 1799, où la guerre civile recommença.
Georges Cadoudal était au nombre des nouveaux chefs vendéens. Débarqué en France en septembre 1799, Bourmont réussit à grouper une armée de quinze légions pour le Maine, le  Perche et le pays chartrain. Il eut lui-même le commandement des provinces du Maine, du Perche, etc.[4] Un mois plus tard après son débarquement, il rentre en campagne et, le 14 octobre, les troupes royalistes occupent Le Mans .
Puis vient la capitulation du 21 janvier 1800.

Le complot royaliste
Après la paix, qui fut de nouveau signée le 2 février 1800 avec le Premier Consul, Bourmont se rendit à Paris, y épousa Juliette de Becdelièvre de La Bunelaye, fille du marquis de Becdelièvre, ancien premier président à la chambre des comptes de Bretagne, mais refusant de céder aux sollicitations du premier consul qui lui offrait le grade de général de division, il fut déclaré suspect.
Compromis dans la conspiration de Cadoudal[6] , il fut arrêté par Fouché le 17 janvier 1801 et enfermé au Temple puis transféré à la citadelle de Besançon.
Après 3 an 1/2 de captivité, il s'en évade le 5 août 1804 et part habiter le Portugal. Lorsque les Anglais envahirent ce pays, il vint trouver Junot en 1808 et lui offre ses services. Ce dernier lui donna à exercer les fonctions de chef d'état-major de la division commandée par le général Loison. Après la Convention de Cintra (ou Sintra), Bourmont suivit l'armée française et rentra avec sa famille en France, mais une tempête dispersa les voiliers et tandis que Junot arrivait à La Rochelle, Bourmont arrivait à la fin d'octobre 1808 dans la baie de Quiberon, mais Fouché n'oubliant pas sa précédente évasion, il fut arrêté et conduit à la prison du Bouffay de Nantes. Grâce à l'intervention de Junot, qui lui avait donné sa parole, il fut libéré le 12 décembre mais sous la surveillance de Fouché.
Il fut alors assigné à résidence chez son beau-frère le Marquis de Vezins à Vezins près de Cholet dans le Maine et Loire. Durant 16 mois il négocia âprement avec le Gouvernement réclamant avec insistance sa liberté. Sur instigation de Fouché, l'Empereur décida de l'éloigner de France en le nommant Adjudant-commandant. C'est ainsi qu'il reçut une lettre de service du ministre de la Guerre en mai 1810 avec l'ordre de rejoindre l'armée d'Italie à Naples. D'un tempérament actif, il s'y morfondra et se plaindra amèrement du sort qui lui est réservé, tout congé pour revenir en France lui étant refusé systématiquement depuis son arrivée jusqu'à son départ pour la guerre (25 janvier 1812).
Napoléon donne lui-même la clé de cette attitude du Gouvernement : dans une note du 19 janvier 1812 adressée au Ministre de la Guerre, le duc de Feltre, après que celui-ci eut envisagé de nommer Bourmont commandant du département des Apennins, l'Empereur écrit : « Monsieur le duc de Feltre, vous aviez donné le commandement du département des Appenins à l'Adjudant Commandant Bourmont, c'est-à-dire à un ancien chef chouan.
Cette mesure est ridicule. Cet officier ne devait pas être employé, ou du moins être employé de manière à être surveillé. Que voulez vous que pensent nos troupes d'être commandées par un tel homme ? »  

L'Empire
Le comte de Bourmont sert dans l'armée d'Italie et s'y conduisit avec distinction dans l'affaire de Bagnara, alla à Milan, près du vice-roi, qui le nomme chef d'état-major de la 2e division d'infanterie (général Boussier) puis à Innsbruck, et fut dès lors associé à toutes les  opérations du 4e corps jusqu'à la campagne de Russie. Il voit dans la guerre l'occasion de retrouver enfin sa liberté pleine et entière, tout en servant son pays.
Employé pendant les campagnes de 1813 et 1814, il reçut de Napoléon Ier quelques missions importantes et la croix de la Légion d'honneur, et fut mentionné honorablement dans les rapports officiels de la bataille de Dresde. Il avait été nommé général de brigade au mois d'octobre 1813 pour sa belle conduite à Lützen (il y est atteint de deux blessures au passage du Wop et à Lützen les 1er mai et 2 mai 1813) Les 20 et 21 mai 1813 il est à celle de Bautzen. En octobre, à la bataille de Leipzig, et dans la retraite qui suit, il se dépense sans compter et dans des circonstances où il unit la bravoure au sang-froid, et il ne lui reste plus, lorsqu'il arrive à Bingen le 2 novembre, que 300 hommes de sa brigade.
En février 1814, l'Empereur l'ayant laissé enfermé dans Nogent-sur-Seine avec un millier  d'hommes, il résista pendant deux jours (11 février et 12 février) à 20 000 Autrichiens .
Cette défense lui valut le grade de général de division.

La Restauration
Au commandement de la 6e division militaire, qu'il avait encore à l'époque du débarquement, l'ordre lui fut donné de se réunir au maréchal Ney où il fut témoin de la défection de ses troupes.
En 1815, pendant les Cent-Jours, l'Empereur revient en France. Bourmont se rend à Paris et se rallie à lui, craignant pour l'indépendance de la France.
Il obtint le commandement de la 6e division du corps d'armée commandé par le général Gérard. Mais avant tout, bien que royaliste il était français et cet ancien chouan s'est joint à l'empereur des Français pour combattre pour la France, tant qu'il ne combattait pas contre les « Bourbons ». Mais vint à paraitre l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire, rédigé à huis-clos, publié par le Moniteur du 23 avril 1815, voté par plus de 1 500 000 suffrages et promulgué au Champ de Mars le 1er juin. Aux armées, 320 voix seulement (contre 220 000) le repoussèrent. Cet Acte prononçait la déchéance des « Bourbons ».
Bourmont fut de ces 320 et dès lors, comment ne pouvait-il songer au départ ? Il pensait que son devoir était de quitter l'armée impériale, tournait les yeux vers Gand où Louis XVIII avait constitué le gouvernement royal. Il avait jugé la cause de Napoléon perdue et le retour de Louis XVIII infaillible.
Dès lors sa conduite était tracée, et son départ pour Gand n'était plus que l'affaire du temps et des circonstances. Il ne crut pas devoir rester fidèle à Napoléon[8] mais aux Bourbons et abandonna son commandement le 15 juin[9] , la veille de la bataille de Ligny, trois jours avant Waterloo.
Il se rendit auprès du roi qui, après la bataille de Waterloo, lui donna le commandement de la frontière du Nord. Royaliste, Bourmont fut l'un des premiers à reconnaître les Bourbons, pour lesquels il avait combattu jusqu'en Vendée.

La seconde Restauration
A la rentrée des armées alliées en France, nommé commandant « extraordinaire » de la 16° division militaire, il souleva à la faveur de la cause royale les populations de la Flandre, s'empara de dix-sept villes, Lille, Dunkerque, Arras, Bapaume, etc., ferma leurs portes aux étrangers, préserva ainsi de l'occupation deux provinces et conserva à la France 4000 canons, 40 000 fusils et 6 millions de francs.
Il figura ensuite dans les procès du maréchal Ney et du général Bonnaire, et contribua par ses dépositions à la condamnation du premier.
À la seconde Restauration, Louis XVIII, n'oubliant pas cet ancien chouan, le mit à la tête de la deuxième division d'infanterie de la garde royale à Besançon en 1816, avec laquelle il accompagna le duc d'Angoulème en 1823, à la campagne d'Espagne et eu le commandement en chef de l'armée quand le prince revint en France.
 son retour, Bourmont fut nommé pair de France (9 octobre 1823) puis gentilhomme de la chambre du roi.
Appelé comme Ministre de la guerre le 9 août 1829 dans le gouvernement Polignac, il fut nommé par le roi, général en chef de l'armée qui fit l'expédition d'Alger dont il avait conçu et préparé le projet.

L'Algérie
Le 14 juin, il débarqua accompagné de ses quatre fils. L'armée aborda à Sidi-Ferruch, livra les 19 et 24 juin les deux batailles de Staoueli, et fit capituler Alger le 5 juillet. Il dut à ces évènements de n'être pas impliqué dans le procès des ministres après la Révolution de Juillet. Pour ce fait d'armes, Charles X envoya à Bourmont le bâton de maréchal de France, mais cette distinction ne le consola pas de la perte de son deuxième fils, Amédée, pendant ces batailles.
Avant que l'avenir de la Régence ne soit fixé, Bourmont va de l'avant, pousse jusqu'à Blida, fait occuper Bône et Oran dans la première quinzaine d'août. Le 11 aout, le nouveau ministre de la guerre, le général Gérard lui communique officiellement la nouvelle de la Révolution de juillet.

Légitimiste
Le maréchal de Bourmont, ayant refusé de prêter serment au nouveau roi Louis-Philippe et de le reconnaître, fut considéré comme démissionnaire et remplacé le 3 septembre par le général Clauzel. Là aussi, sa fidélité à Charles X et aux « Bourbons » l'oblige à l'exil. Il montre toujours, à bientôt 60 ans, son attachement à une cause qu'il croit juste.
Le 3 septembre, le commandant Duperré lui ayant refusé un bâtiment français, Bourmont affréta à ses frais le brick autrichien l'Amatissimo et s'y embarqua avec ses fils et "son seul trésor" : le coeur d'Amédée, l'un d'eux, mort au champ d'honneur. Puis, il fit voile en direction de l'Angleterre, afin de se joindre à l'exil de Charles X, qui l'accueillit avec effusion.
En 1832, il se retira en Italie et conspira avec la duchesse de Berry, belle-fille de l'ex-roi, en tentant de ranimer la guerre de Vendée afin d'établir sur le trône de France Henri, duc de Bordeaux, fils de cette dernière.
Puis il passa en Portugal et en Espagne où il soutint successivement les causes de Don Miguel dont il commande l'armée, et de don Carlos ; il est condamné à mort par contumace en 1833. Le gouvernement lui applique les dispositions du code concernant les Français qui servent en pays étrangers sans autorisation. Bourmont perd alors sa nationalité française et fixe sa résidence en Allemagne.
Amnistié, en 1840, ce fidèle royaliste a tout fait pour servir les représentants de la dynastie légitimiste. Revenu en France, il meurt le 27 octobre 1846 dans son château de Bourmont, où il avait vu le jour.

États de service
• Enseigne surnuméraire (à 15 ans) aux régiment des Gardes-Françaises (12 octobre 1788)
• Licencié avec traitement d'activité (31 août 1789)
• émigré en 1791
• entré à cette époque, sous-lieutenant dans les hommes d'armes à pieds jusqu'à fin 1792
• entré dans la compagnie noble de l'armée de Condé en septembre 1793
• passé à l'armée de la Vendée (16 février 1795)
• major général de l'armée de Scépaux, chargé de diverses commandements et l'un des commissaires de l'armée royale qui signèrent la paix (4 février 1800)
• arrêté et incarcéré au Temple (18 janvier 1801)
• transféré à la Citadelle de Besançon (11 juillet 1801)
• évadé (3 août 1804) officier d'ordonnance du duc d'Abrantès en 1804
• arrêté de nouveau et détenu à la prison du Bouffay de Nantes (3 octobre 1808)
• élargi (3 février 1809)
• adjudant-commandant, employé à l'armée de Naples (24 avril 1810)
• employé au corps d'observation d'Italie (17 janvier 1812)
• au corps de la grande armée (6 avril 1812)
• au 11e corps d'armée (3 avril 1813)
• général de Brigade (28 septembre 1813) au 11e corps d'armée
• employé dans la 1re division militaire de réserve de Paris (16 janvier 1814)
• général de division (13 février 1814)
• commandant la 6e division militaire (20 mai 1814)
• commandant de la 1re subdivision de la 6e division militaire (7 janvier 1815)
• mis à la disposition de Monseigneur le duc de Berry (7 mars 1815)
• remplacé dans la 6e division militaire et disponible (22 mars 1815)
• commandant la 3e division du 4e corps d'observation (1er avril 1815)
• a joint l'armée royale en Belgique (15 juin 1815)
• commandant extraordinaire de la 16e division militaire (21 juin 1815)
• commandant la 2e division d'infanterie de la garde royale (8 septembre 1815)
• membre du comité d'infanterie (cession 1821) le 7 novembre 1821
• commandant la division d'infanterie de la garde royale de l'armée des Pyrénées(16 février 1823)
• commandant la 2e colonne mobile détachée en Andalousie (2 juin 1823)
• commandant la division d'occupation de Cadix (7 octobre 1823)
• commandant en chef l'armée d'occupation d'Espagne (6 novembre 1823)
• autorisée à reprendre le commandement de la 2e division d'infanterie de la garde royale (17 avril 1824) • président de la commission des secours à accorder aux vendéens (18 janvier 1825)  
• membre du conseil supérieur de la guerre (17 février 1828)
• ministre secrétaire d'état à la guerre (8 août 1829)
• Commandant en chef l'armée d'expédition d'Afrique (11 avril 1830)

Campagnes
• au régiment des gardes-françaises (1788-1789)
• dans l'armée des émigrés (1792)
• dans l'armée de condé
• aux armées royales de l'intérieur (1795-1799)
• en Portugal (1808)
• à Naples (1810-1812)
• dans la grande armée (1812)
• en France (1814)
• en Belgique (1815)
• en Espagne (1823)
• d'Algerie (1830)

Distinctions
• Chevalier de Saint-Louis (13 mai 1796)
• Chevalier de la Légion d'honneur (4 mai 1813)
• Commandeur de la Légion d'honneur (23 août 1814)
• Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (24 août 1817)
• Grand Officier de la Légion d'honneur (24 août 1820)
• Pair de France (9 octobre 1923)
• Grand'croix de la Légion d'honneur (23 mai 1825)
• Gentilhomme de la chambre du roi (17 février 1828)
• Membre du conseil supérieur de la guerre (17 février 1828)
• maréchal de France (14 juillet 1830)
                                                                                                                                                                    

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CHARLES  X

Charles X (au château de Versailles, né le 9 octobre 1757Görz, Empire d'Autriche, -  6 novembre 1836) fut roi de France de 1824 à 1830.
Succédant à ses deux frères, Louis XVI et Louis XVIII, il est celui dont l'avènement à 66 ans et le décès à 79 ans ont eu lieu aux âges les plus avancés. Très attaché aux conceptions et aux valeurs de l'Ancien Régime qu'il tendait à rétablir tout en les renouvelant, aussi bien dans le droit que dans les arts décoratifs.

Sacré en 1824, il est renversé en 1830 par une nouvelle révolution qui l'oblige à s'exiler et qui permet à son cousin Louis-Philippe d'Orléans (le fils de celui qui avait voté la mort de Louis XVI) de se proclamer d'abord régent du royaume, ensuite d'évincer le dauphin Louis XIX (1775-1844), puis de se décréter en 1836 roi des Français.

Jeunesse
Petit-fils de Louis XV, roi de France et de Navarre, Charles-Philippe est le cinquième fils du dauphin Louis-Ferdinand et de son épouse, la dauphine, née Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767). L'enfant est le plus jeune frère du roi Louis XVI alors duc de Berry et du comte de Provence, futur Louis XVIII. Deux filles le suivront Marie-Adélaïde-Clotilde, future Reine de Sardaigne et Élisabeth, victime de la terreur révolutionnaire.

Il est d'abord titré
comte d'Artois (en mémoire de Robert de France, comte d'Artois, frère de saint Louis), mais le choix de ce titre serait également lié aux conséquences de la tentative d'assassinat menée par Damiens contre Louis XV[1] .

Il est baptisé le 22 octobre 1763 avec les prénoms
Charles Philippe. Sa marraine est sa tante Sophie-Philippine de France, et son parrain le roi Charles III d'Espagne (ce qui explique le choix de ses prénoms).

Mariage et famille
Il épouse le 16 novembre 1773 Marie Thérèse de Sardaigne (1756-1805), dont il a deux fils, Louis-Antoine, le duc d'Angoulême (futur dauphin) et Charles Ferdinand, le duc de Berry, et deux filles mortes en bas âge : Sophie (1776-1785) et Marie-Thérèse (1783).

En 1772, âgé de 15 ans, il est colonel général des Suisses et Grisons. Il assiste au sacre de son frère Louis XVI en 1775, où il représente le duc de Normandie, pair du Royaume. Il est également apanagé des duchés d'Angoulême et de Mercoeur.

Son grand amour : Louise d'Esparbès de Lussan
À un certain moment, il s
attache durablement à Louise d'Esparbès de Lussan, épouse de Denis de Polastron (1758-1821), demi-frère de la duchesse de Polignac, confidente de la reine. Cette liaison ne donne aucune descendance au comte dArtois. Devenue par son mariage Madame de Polastron elle se trouve donc être la belle-soeur de Yolande de Polastron, comtesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France, amie de la reine Marie-Antoinette. Ami de cette dernière, le comte d'Artois se rend comme elle impopulaire par ses dépenses inconsidérées, et le public leur attribue une liaison, à tort sans doute. Denis de Polastron, le mari de Louise, embrasse la carrière militaire, et combat lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, durant laquelle il est nommé Colonel dans le régiment de La Fayette. Il meurt à l'âge de 63 ans en 1821.

Louise d'Esparbès de Lussan meurt précocement de la tuberculose en 1804 à l'âge de 39 ans. Le comte d'Artois est très affligé par cette disparition, car il en a été réellement amoureux. On peut même dire que Louise a été l'un des grands amours de sa vie, sinon le seul qui ait eu une véritable importance. Il est tellement marqué par ce deuil qu'il décide de prononcer un voeu de chasteté perpétuelle et de renforcer ses convictions religieuses au point de devenir un véritable dévot. Sa vie privée devient entièrement irréprochable.

Peu de temps après, il se rapproche du courant ultramontain de l'Église catholique de France dont il soutient avec enthousiasme l'influence.

Ses fils
Sa préférence va à son plus jeune fils, Charles Ferdinand, duc de Berry, qui lui ressemble beaucoup, au physique comme au moral. L
aîné, Louis Antoine, duc d'Angoulême, au contraire, est timide et souffre de problèmes dimpuissance et de tics nerveux.

La carrière politique
Bon vivant et léger, il entraîne dans un tourbillon de fêtes mondaines sa belle-soeur, la reine Marie-Antoinette. Il acquiert le château de Maisons où il s'en va chasser en joyeuse et galante compagnie dont fait partie la jeune vicomtesse de Beauharnais... Il commence à s
intéresser à la politique avec la première grande crise de la monarchie, en 1786, après laquelle il prend la tête de la faction réactionnaire à la cour de Louis XVI. Le comte d'Artois devient le chef de file des réformateurs de ce que Jean-Christian Petitfils appelle la "Révolution royale", c'est-à-dire le projet radical de Calonne.

Il se heurte donc aux Notables réunis en assemblée : Charles accepte la suppression des privilèges financiers de l'aristocratie, mais non la réduction des privilèges sociaux dont jouissent l'Église et la noblesse.

Il pense qu
on peut réformer les finances de la France sans renverser la monarchie. Selon ses propres mots, le temps est venu de réparer mais non de démolir. Il suscite la colère du tiers état en sopposant à toute initiative d'accroître son droit de vote en 1789, amenant son frère à laccuser dêtre « plus royaliste que le roi ».

En liaison avec le baron de Breteuil, il noue des alliances politiques pour chasser Necker.Ce plan échoue quand Charles essaie de le faire renvoyer le 11 juillet, sans que Breteuil soit au courant, beaucoup plus tôt que prévu à l
origine. C'est le début dune brouille qui se change en haine réciproque.

Émigration
Le comte d
Artois est l'un des premiers à émigrer, le 16 juillet 1789. Il parcourt les diverses cours de l'Europe pour chercher des défenseurs à la cause royale. Il se trouve à Turin - chez son beau-père et son beau-frère - de septembre 1789 à juillet 1791, où il porte alors le titre de marquis de Maisons, ainsi qu'à Bruxelles, Coblence, résidence de son oncle maternel l'Archevêque-Électeur de Trêves et Liège.

Il quitte Hamm en août 1794 comme comte de Ponthieu. Il se rend enfin en Grande-Bretagne et assiste aux conférences de Pillnitz, 1791.

Nommé par Monsieur (son frère, futur Louis XVIII) devenu lieutenant général du royaume après la mort de son frère Louis XVI, du 28 janvier 1793 à 1814.

À la mort de son neveu Louis XVII le 8 juin 1795, il est appelé Monsieur, frère du roi. Il veut opérer, avec le secours des Anglais, un débarquement à l'île d'Yeu sur les côtes de la Vendée (1795) (pour aider les insurgés Vendéens), mais il n'y peut réussir (voir Expédition de l'île d'Yeu). Il se rend en Grande-Bretagne où il passe le reste de la Révolution et du Premier Empire.

La Restauration
En 1814, il est nommé lieutenant-général du royaume, il pénètre en Suisse allemande, à la suite des alliés, et fait son entrée à Berne le 15 avril. Au premier moment, il sait se concilier les esprits par l'aménité de ses manières; mais il se perd bientôt dans l'opinion en signant,avec un empressement que condamne Louis XVIII même, un traité qui enlève à la France toutes les places conquises depuis 1792. Après le 2e retour de Louis XVIII (1815), il se tient éloigné des affaires et emploie tout son temps soit à la chasse qui est pour lui une passion, soit à des pratiques religieuses. Il oublie la guerre.


Chef occulte du parti royaliste

Malgré les apparences, il reste secrètement actif dans la sphère politique, en étant le chef occulte du parti ultra-royaliste.

Règne
À la mort de son frère Louis XVIII, en 1824, il monte sur le trône, et renoue avec la tradition du sacre, le 29 mai 1825 dans la cathédrale de Reims, où le cardinal de La Fare prononce un discours remarqué. Il devient aussi co-prince d'Andorre. Il débute par quelques mesures libérales, et abolit la censure des journaux, mais il ne tarde pas à se jeter dans les bras des ultra-royalistes, dont Jean-Baptiste de Villèle est le chef, et s'aliène l'opinion par la loi du sacrilège, la concession d'un milliard d'indemnités aux émigrés, le licenciement de la garde nationale, le rétablissement de la censure (1825-1827). Son règne est marqué par la domination des « ultras », la frange revancharde des royalistes, opposée à la Charte de 1814.

Son catholicisme dévot indispose le peuple de Paris, volontiers anticlérical voire anticatholique ; comme à l
enterrement de Louis XVIII, il est habillé de violet, couleur de deuil des rois de France, le bruit court quil est évêque, des caricatures le montrent en train de célébrer la messe devant les membres de sa famille, et la chose est généralement admise dans l'opinion.

Pour calmer les mécontents, il forme en janvier 1828 un ministère modéré, présidé par Jean-Baptiste Sylvère Gay, vicomte de Martignac. Ce ministère réparateur a déjà réussi à ramener les esprits, lorsqu'il est brusquement congédié et remplacé, le 8 août 1829, par le ministère de Jules de Polignac, qui fait renaître toutes les défiances.

En effet, peu de mois après, et malgré le respectueux avertissement donné par l'adresse des 221 députés, paraissent les « ordonnances de Saint-Cloud » qui dissolvent les chambres, convoquent les collèges électoraux en changeant de mode d'élection, et suspendent la liberté de la presse (25 juillet 1830). Devant le développement de l'opposition libérale, Charles X tente de rétablir son autorité.

Deux événements importants se sont accomplis sous le règne de Charles X :

l'intervention en faveur des Grecs, qui a pour résultat la victoire de Navarin (1827) et amène l'affranchissement de la Grèce (1830),

l'expédition contre le dey d'Alger, qui aurait offensé par un coup d'éventail le consul de France, expédition qui aboutit à la prise d'Alger (6 juillet 1830).


Littérature et arts décoratifs
Le nom de Charles X est resté à un style dans les arts décoratifs qui reste proche de celui du Premier Empire. Mais ce qui caractérise la courte période de son règne est un revivalisme médiéval et l'essors du style troubadour. Même si elles sont parues avant, certaines oeuvres de Chateaubriand comme le Génie du
Christianisme sont caractéristiques de l'esprit du règne.

Révolution de Juillet

Ces ordonnances inconstitutionnelles excitent immédiatement une réprobation universelle; Paris se soulève les 27, 28 et 29 juillet: ce sont les Trois Glorieuses de 1830, ou « Révolution de Juillet », qui renversent finalement Charles X. Le 30, Louis-Philippe, duc d'Orléans, est nommé
Lieutenant-Général du Royaume par les députés insurgés, poste qu'il accepte le 31. Il réduit le droit de vote et l'éligibilité aux plus grands propriétaires.

Abdication
Le 2 août, Charles X, retiré à Rambouillet, abdique et convainc son fils aîné le dauphin Louis Antoine de contresigner l'abdication. Il confie à son cousin le duc d'Orléans la tâche d'annoncer que son abdication se fait au profit de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, âgé de dix ans, faisant du duc d'Orléans le Régent.

Leur résolution est annoncée dans une lettre du roi déchu au duc d'Orléans :

«
Mon cousin,

Je suis trop profondément pénétré des maux qui affligent et qui pourraient menacer mes peuples pour n'avoir pas cherché un moyen de les prévenir. J'ai donc pris la résolution d'abdiquer la couronne en faveur de mon petit-fils le duc de Bordeaux.

Le Dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu.

Vous aurez, en votre qualité de lieutenant Général du Royaume, à faire proclamer l'avènement de Henri V à la couronne. Vous prendrez d'ailleurs toutes les mesures qui vous concernent pour régler les formes du nouveau gouvernement pendant la minorité du nouveau roi...

Vous communiquerez mes intentions au corps diplomatique et vous me ferez connaître le plus tôt possible la proclamation par laquelle mon petit-fils sera reconnu sous le nom de Henri V. »


Il existe une controverse sur l'abdication : Charles X ne peut forcer son fils à renoncer à ses droits, car la dynastie de France est successive et non héréditaire. Ce dernier, devenu fictivement « Louis XIX » entre le moment où son père signe l'abdication et le moment où lui-même la contresigne, aurait pu conserver la Couronne pour lui-même et reprendre en main l'armée et le pays, mais finalement, il renonce par obéissance ou par faiblesse.

Malgré l'abdication, le duc d'Orléans prend le pouvoir sous le nom de « Louis-Philippe Ier ».

Le 3 août, en effet, devant les Chambres réunies, il annonce bien l'abdication de Charles X, contresignée par le dauphin...mais ne mentionne pas qu'elle est effectuée en faveur du duc de Bordeaux. Par ailleurs, Charles X - déjà en exil - interdit à la duchesse de Berry, la mère du duc de Bordeaux, d'amener son fils à Paris. Charles X embarque à Cherbourg pour l'exil sans laisser de consigne à ses fidèles; c'est alors le début de la monarchie de Juillet.

En exil, Charles X porte le titre de courtoisie de « comte de Ponthieu ». Le roi déchu se retire d'abord au palais de Holyrood, en Écosse.

Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, il s'installe au Château de Prague. Il y reçoit des visites de Chateaubriand. Ils partent ensuite à Ceské Budejovice. Il doit fuir une épidémie de choléra et part enfin à Görz (alors en Autriche), actuelle Gorizia e Nova Gorica (ville divisée en 1947 par la ligne militaire Morgan).

Il meurt dans cette ville du choléra le 6 novembre 1836 et est inhumé à Kostanjevica (Nova Gorica, Slovénie).

Mort
« (
) Mme Adélaïde (soeur de Louis-Philippe) mande à M. de Talleyrand que la Cour ne prendra pas le deuil à l'occasion de la mort de Charles X, faute de notification () (la mort) divise, à Paris, sur tous les points. Chacun y porte le deuil à sa façon, depuis la couleur jusqu'à la laine noire, avec des gradations infinies, et des aigreurs nouvelles à chaque aune de crêpe en moins. Puis, les uns disent le comte de Marnes et Henri V, les autres Louis XIX. Enfin, c'est la tour de Babel; on n'est même pas d'accord sur la maladie dont Charles X est mort ! () Il y a eu division sur la question du deuil jusque dans la famille royale actuelle : la Reine, qui l'avait pris spontanément le premier jour, a été très peinée que le Ministère le lui ait fait quitter. Le Cabinet a craint la controverse des journaux (). »

duchesse de Dino, de Rochecotte, les 21 et 28 novembre 1836, dans
Chronique de 1831 à 1862, Plon, 1909, pp.107 et 108.
À la mort de Charles X, l'effet de la double abdication du 2 août 1830 aurait dû conduire à la proclamation de son petit-fils, le duc de Bordeaux, sous le nom de
Henri V.

Pourtant, le fils aîné de Charles X, le dauphin Louis Antoine, signe une proclamation dans laquelle, tout en confirmant sa renonciation de 1830, il déclare que « dans les circonstances actuelles », l'intérêt de son neveu exige qu'il soit « chef de la maison de France » et investi de l'autorité royale, sous le nom de « Louis XIX » et avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes », jusqu'au jour où « la monarchie légitime sera rétablie » : il transmettrait alors la  Couronne à son neveu.

Cette subtilité s'explique par le fait que, la mort de Charles X investissant
ipso facto le Dauphin de la royauté, il suffit de notifier le décès aux cours européennes pour notifier également l'élévation de Louis XIX.

En revanche, la reconnaissance de l'accession au trône d'Henri V implique la notification de la double abdication de 1830, dont on peut redouter que les Cours refusent de la recevoir dès lors qu'elles ont toutes reconnu la monarchie de Juillet. Un descendant de Charles X règne de nos jours : le grand-duc Henri de Luxembourg; son grand-père, Félix de Bourbon-Parme, époux de Charlotte de Luxembourg, a pour grand-mère Louise d'Artois, fille du duc de Berry et petite-fille de Charles X.

Résumé Historique
1773 Mariage de Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie, dont naitront :Louis-Antoine Dauphin (dit Louis XIX). Sophie Charles Ferdinand de Bourbon, Duc de Berry.
1773 Le comte d'Artois, futur Charles X se fait construire Bagatelle à la suite d'un pari avec Marie Antoinette. Ce château du bois de Boulogne, est construit en six semaines par l'architecte François Bélanger. L'édifice qui a coûté très cher devient par la suite le symbole emblématique de sa frivolité.
1789 Le 17 juillet Charles X est un des premiers à quitter le royaume, son train de vie très dépensier et son soutien aux royalistes réactionnaire lui vaut une impopularité croissante.
1793 Mort de son frère Louis XVI.
1795 Mort de son neveu, Louis XVII, son frere devient roi en exil sous le nom de Louis XVIII .
1795 Charles X, participe à un débarquement royaliste à Quiberon, ce sera un désastre, il abandonnera les insurgés à leurs sorts et rentrera en Angleterre.
1805 Mort de Marie-Thérèse de Savoie, épouse de Charles X.
1814 Louis XVIII rentre en France et remonte sur le trône, chassé par Napoléon lors des Cent-Jours, il est replacé sur le trône par les alliés.
1815 Charles X est contre la Charte constitutionnelle de Louis XVIII et rêve de revenir à l'ancien régime, pour cela il prend la tête des ultras, dont on dit qu'ils sont plus royalistes que le roi.
1816 Le Duc de Berry, fils cadet de Charles X, épouse Marie-Caroline de Naples, dont naîtront.
: Henri duc de Bordeaux (dit Henri V).
1820 Le Duc de Berry est assassiné à la sortie d'un opéra, son fils Henri naîtra quelques mois plus tard.
1824 Louis XVIII meurt sans héritier, Charles X lui succède.
1825 Charles X entame une politique conservatrice et veut revenir à la monarchie absolue, et rétablir la cour dans toute sa splendeur, d'ailleurs, il se fait sacré à Reims, chose qu'avait refusé de faire Louis XVIII, il fait voter, ce qu'on appellera le milliard des émigrés, pour indemniser, les nobles qui ont été dépossédés sous la révolution, cette mesure lui vaudra un surcroît d'impopularité.
1829 Louis Braille invente la méthode de lecture pour les aveugles, méthode qui porte son nom.
1830 Charles X confiant dans sa politique autoritaire, a nommé depuis le début de son règne des ministres ultras royalistes, et fais passer des lois réactionnaires, la chambre élue lui faisant barrage, il l'a dissoute plusieurs fois.
En 1830, il a nommé contre l'avis de la chambre, le Prince de Polignac, ultra royaliste, à la tête du gouvernement.
Ce gouvernement sera mis en minorité par la chambre, il choisit encore la dissolution, mais les élections de juillet sont désastreuses, et il choisit de dissoudre avant même que la chambre ce soit réuni.
1830 Lors des élections L'opposition remporte 278 sièges, le 175pour la majorité gouvernementale.
1830 Conquête d'Alger.
1830 Ordonnance de juillet : 1) Suspension de la liberté de la presse et autorisation de la censure.
2) Dissolution de la nouvelle chambre à peine élue.
3) Modification du système électoral.
4) La date des nouvelles élections est fixée au 3 septembre.
Ces quatre ordonnances violent la charte de 1814 instituée par Louis XVIII qui régit le royaume.
1830 Début de la révolte dite " Les trois Glorieuses ", suite aux ordonnances de juillet. Le 27 et le 28 juillet, des Barricades se dressent dans la capitale, le drapeau tricolore est hissé sur l'Hôtel de Ville et les Tuileries, le drapeau blanc à fleur de Lys est arraché et piétinés par les insurgés.
Le 29 juillet, les Parisiens prennent le Louvre et les Tuileries, les troupes ne résistent pas et refuse de tirer sur le peuple, le roi réfugié à Saint-Cloud, ne prend pas la mesure de la situation, il prend la décision, aprés des discussions acharnées de se séparer du Prince de Polignac et de retirer les ordonnances, mais il est trop tard et surtout trop impopulaire, le peuple veut son départ.
1830 Charles X abdique, en faveur de son petit fils, Henri duc de Bordeaux, mais pour cela il faut que son fils aîné abdique lui aussi, ce qu'il fera quelques minutes plus tard, les royalistes considèrent qu'il a régné sous le nom de Louis XIX, même si cela n'a duré que quelques minutes. Voici le texte de l'abdication de Charles X, ou il charge Louis-philippe de faire respecter l'avènement de Henri V.
"
Mon cousin,
Je suis trop profondément pénétré des maux qui affligent et qui pourrait menacer mes peuples pour n'avoir pas cherché un moyen de les prévenir. j'ai donc pris la résolution d'abdiquer la couronne en faveur de mon petit-fils le duc de Bordeaux.
Le Dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu.
Vous aurez, en votre qualité de lieutenant général du royaume, à faire proclamer l'avènement de Henri V à la couronne. Vous prendrez d'ailleurs toutes les mesures qui vous concernent pour régler les formes du nouveau gouvernement pendant la minorité du nouveau roi.
Vous communiquerez mes intentions au corps diplomtique et vous me ferez connaître le plus tôt possible la proclamation par laquelle mon petit-fils sera reconnu sous le nom de Henri V."

1830 Louis-philippe ne respectera pas l'acte d'abdication de Charles X et deviendra roi des Français.
1830 Charles X part pour l'exil en Angleterre, il a soixante-treize ans, il a régné 6 ans sans comprendre les changements de la société et son peuple.
1836 Charles X meurt du choléra, réfugié en Angleterre, puis en Autriche, sa dernière demeure sera à Gorizia, aujourd'hui en Slovènie, dans une crypte qui contient les dépouilles de Charles X, de son fils le duc d'Angoulême et de son épouse, et de son petit-fils le duc de Bordeaux. Certains passionnées d'histoire demandent depuis des années que les corps soient rapatriés à Saint-Denis, nécropole des rois de France.
                                                                                                                                                                                            

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Maréchal Bertrand Clauzel  12/09/1772  -  21/04/1842


Bertrand, comte Clauzel maréchal de France, né à Mirepoix (Ariège), le 12 septembre 1772, mort au château de Secourrieu à Cintegabelle (Haute-Garonne) le 21 avril 1842.

Biographie

Il était neveu du conventionnel Jean-Baptiste Clauzel. Enrôlé dès 1791, sous-lieutement au 43e de ligne, capitaine de chasseurs à cheval en 1792, adjudant-général en 1793, chef d'état-major de la division Pérignon, général de brigade et commandant de Bologne, lors de la retraite de Schérer en Italie, général de division à l'armée de Saint-Domingue, gouverneur de Raguse en 1807.
Il fut envoyé en Espagne, sous Junot et Masséna (1810); il assiégea Ciudad Rodrigo, fut blessé à Salamanque, sauva en 1812, par une mémorable retraite, l'armée de Portugal et la ramena en Espagne, reçut en récompense le commandement en chef de l'armée du Nord de l'Espagne (1813).
Il fut un des derniers à mettre bas les armes en 1814, et un des premiers à se déclarer en faveur de Napoléon Ier aux Cent-Jours, prit à cette époque le commandement de Bordeaux et força la duchesse d'Angoulême à quitter cette ville. Lors du retour de l'île d'Elbe, il opposa, à la tête de l'armée du Midi, une énergique résistance aux ennemis qui envahissaient les départements du Midi.
Compris dans l'ordonnance royale du 24 juillet 1815, qui ordonnait l'arrestation et la traduction devant un conseil de guerre "des généraux et officiers qui ont trahi le Roi avant le 23 mars", il fut contraint de s'exhiler aux États-Unis. Il est à noter que cette ordonnance était scandaleusement contraire à la convention militaire signée trois semaines plus tôt, le 3 juillet 1815 à Saint Cloud, par les plénipontentiaires de Louis XVIII et qui stipulait clairement : "continueront à jouir de leurs droits et libertés, sans pouvoir être inquiétés ni recherchés en rien, relativement aux fonctions qu'ils occupent ou auraient occupées, à leur conduite et à leurs opinions politiques" (article XII de la convention). C'est à cette époque que Christophe et Pétion offrirent de grandes récompenses au capitaine du bâtiment qui sauverait Clausel.
Il fut l'un des actionnaires de la Vine and Olive Colony, vaste compagnie coloniale cultivant en fait du coton et s'étendant sur 370 kilomètres carrés de terres vierges qui fut fondée en 1817 par des centaines de planteurs français de Saint-Domingue menés par d'autres généraux napoléoniens Charles Lefebvre-Desnouettes et Charles Lallemand.
Cette colonie s'étendait aux confins des États-Unis, dans ce qui n'était pas encore l'État d'Alabama mais le vaste territoire de Louisiane, racheté à la France napoléonienne en 1803, un an après l'expédition militaire de Bonaparte contre la révolte des esclaves de Saint-Domingue.
Rentré en France en 1820, il fut envoyé à la Chambre des députés en 1827, coopéra à la Révolution de juillet, et fut envoyé en Afrique, en qualité de gouverneur général. Général en chef des troupes de l'Algérie, il occupa Blida, Médéa, après avoir forcé le col de la Mouzaïa, et tenta le premier l'oeuvre de la colonisation ; mais il céda les provinces de Constantine et d'Oran à des princes tunisiens et fut écarté pour ce motif. Devenu député de Rethel en 1827, il soutint constamment les idées libérales et la cause de l'Algérie.
Rappelé en France en 1831, il reçut le bâton de maréchal, fut renvoyé de nouveau en Algérie en 1832. Renommé une seconde fois gouverneur général en 1835, il brûla et prit Mascara, puis commanda la première expédition de Constantine en 1836 qui fut un échec par manque de renforts. Il fut définitivement remplacé en 1837.
Les principaux titres de gloire du maréchal Clausel sont les campagnes de 1810 et de 1811 en Espagne, pendant lesquelles il soutint tout le poids d'une guerre terrible. En 1812, il fit une brillante retraite, dite de Portugal, comparée à la retraite de Ney en Russie.

Distinctions
• Il fait partie des 558 officiers à avoir son nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
• Grand-croix de la Légion d'honneur le 14 février 1815
                                                                                                                                                                                      

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Claude Charles Marie du Campe de Rosamel

 

Claude Charles Marie du Campe de Rosamel est un amiral et homme politique français  - né au château de Rosamel à Frencq (Pas-de-Calais) le 24 juin 1774 et mort à Paris le 27 mars 1848.

Biographie
Claude de Rosamel entra dans la marine à 16 ans et débuta comme pilotin à bord d'un bâtiment caboteur de la Manche. Puis il passa au service de l'État et obtint, au concours de janvier 1792, le grade d'aspirant de marine. Il prit part en cette qualité aux combats soutenus en juin 1794 par l'amiral Villaret de Joyeuse contra la flotte britannique.

Enseigne de vaisseau en 1797, il fut brièvement détenu en Grande-Bretagne durant l'année 1798 et revint en France. Il fut nommé lieutenant de vaisseau (1802), capitaine de frégate (1808) et tint fréquemment la mer.

En 1811, La Pomone, qu'il commandait, se rendant de Corfou à Trieste, rencontra trois frégates britanniques et, après un combat terrible, fut démâtée et forcée d'amener son pavillon. Rosamel, grièvement blessé à la tête, fut fait de nouveau prisonnier et resta trois ans au Royaume-Uni. Rentré en France après la paix d'Amiens, il fut traduit à Toulon devant un conseil de guerre qui examina sa conduite, la jugea honorable et le relaxa.

Promu capitaine de vaisseau en juillet 1814, Rosamel fut, le mois suivant, fait chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur. Major de la marine à Cherbourg en 1815, il reprit la mer en 1817 et fut fait contre-amiral en octobre 1823 et grand officier de la Légion d’Honneur le 28 octobre 1823. Il commanda la division navale chargée de surveiller les côtes de Catalogne pendant l'opération dirigée par le duc d'Angoulême contre les «constitutionnels » espagnols puis la division navale des Mers du Sud (côtes occidentales de l'Amérique du Sud) et servit en 1828 dans le Levant sous les ordres de l'amiral de Rigny. Il fut ensuite attaché à l'expédition d'Alger, sous les ordres de l'amiral Duperré.

En novembre 1830, il fut nommé préfet maritime de Toulon. Appelé au conseil d'amirauté à la fin de 1833, promu vice-amiral le 1er mars 1834, il fut élu député le 24 juin 1834 dans le 1er collège électoral du Var (Toulon)[1] . Il siégea au centre et opina pour le ministère avec la majorité conservatrice.

Le 6 septembre 1836, il devint ministre de la Marine et Colonies dans le premier ministère Molé et le demeura dans le deuxième ministère Molé jusqu'au 30 mars 1839. Ses électeurs lui renouvelèrent leur confiance le 15 octobre 1836[2] , le 4 novembre 1837[3] et le 2 mars 1839[4] ; le même jour, il avait également été élu par le 7e collège du Puy-de-Dôme (Ambert)[5] , à la suite de quoi il opta pour Toulon. Mais il ne revint pas au Palais-Bourbon car il fut élevé à la pairie le 7 mars 1839.

Pendant son passage au gouvernement, il réforma l'organisation des équipages de ligne et créa les matelots canonniers et des écoles d'artillerie navale destinées à leur instruction à Brest et à Toulon. Son administration fut également signalée par l'expédition de Saint-Jean d'Ulloa et les voyages scientifiques de L'Astrolabe, de La Vénus et de L'Artémise.

Rosamel, que Charles de Rémusat qualifie de « franc imbécile » , sortit du ministère plus pauvre qu'il n'y était entré, y ayant dépensé toutes ses économies, et mourut en ne laissant à ses enfants qu'un modeste héritage
                                                                                                                                                                                 

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Charles Lemercier de Longpré Baron d'Haussez
 

Charles Lemercier de Longpré, baron d'Haussez est un homme politique français né à Neufchâtel-en-Bray (Normandie) le 20 octobre 1778 et mort à Saint-Saëns (Seine-Inférieure) le 10 novembre 1854.

Biographie
Le baron d'Haussez était issu d'une famille de magistrats attachée à l'Ancien Régime. Sitôt ses études terminées, tout jeune encore, il entra dans les complots royalistes qui se tramèrent vers la fin de la période révolutionnaire. En l'an VII, il servit dans l'« armée royale de Normandie », fut dénoncé à la police, poursuivi, et dut se cacher jusqu'en 1804. Il se remit à conspirer et se trouva compromis dans l'affaire de la tentative de débarquement de Cadoudal et Pichegru sur la côte de Biville. Prévenu d'avoir favorisé l'entreprise des conjurés, il fut poursuivi mais acquitté faute de preuves.

Il parut se rallier avec enthousiasme à l'Empire et fut créé baron de l'Empire (novembre 1805) et nommé maire de sa ville natale de Neufchâtel (aujourd'hui Neufchâtel-en-Bray). Mais il ne tarda pas à renouer avec son inclination légitimiste. Empressé à saluer Louis XVIII à la tête d'une délégation neufchâteloise, commandant de la garde nationale après Waterloo, conseiller général de la Seine-Inférieure, il fut élu député par le grand collège de ce département le 22 août 1815[1] . Il avait précédemment échoué, le 10 mai, comme candidat à la chambre des Cent-Jours dans l'arrondissement de Neufchâtel-en-Bray[2] .

Dans la Chambre introuvable, le baron d'Haussez fit partie de la majorité ministérielle. Le 6 décembre, il s'opposa à la proposition Hyde de Neuville tendant à faire juger par une commission parlementaire les individus exceptés de la loi d'amnistie. Il défendit l'institution du jury et combattit l'idée de rendre au clergé le droit exclusif d'enregistrement des actes de l'état civil.

Après la dissolution de la Chambre, à laquelle il applaudit, il ne fut pas réélu député et fut nommé préfet des Landes (28 mai 1817) puis préfet du Gard (19 mars[3] 1819) et préfet de l'Isère (1820). Ce fut sous son administration qu'éclatèrent les troubles de Grenoble (1821), à la suite de la révolution du Piémont. Le général Pamphile de Lacroix, qui commandait la division, mit le département en état de siège contre l'avis du baron d'Haussez, qui en appela au gouvernement et obtint le retrait de cette mesure. Il n'en prit pas moins une part personnelle des plus actives à la répression sanglante qui étouffa les troubles.

Préfet de la Gironde (7 avril 1824), Conseiller d'État et officier de la Légion d'honneur, il reparut à la Chambre des députés le 17 novembre 1827, élu par le 2e arrondissement électoral des Landes (Dax)[4] . Il siéga dans la majorité, mais lorsque Charles X se sépara du vicomte de Martignac pour appeler le prince de Polignac à former un nouveau ministère, le baron d'Haussez accepta, le 23 août 1829, le portefeuille de la Marine en remplacement du vice-amiral de Rigny.

Il signala son passage au gouvernement par le rôle important qu'il joua dans la préparation et la conduite de l'expédition d'Alger. Avec ses collègues Bourmont, Courvoisier et Guernon-Ranville, il contribua à faire révoquer le traité d'abord conclu avec les envoyés du pacha d'Égypte, Méhémet Ali, en vertu duquel ce dernier était chargé de courir sus aux pirates d'Afrique et de venger le coup d'éventail donné par le dey d'Alger au consul de France. Dès qu'il eut été décidé que la France s'armerait elle-même pour sa propre querelle, l'Angleterre demanda vainement des explications, se plaignit et recourut même à la menace.
La France lui fit connaître que le roi ne déposerait les armes qu'après avoir atteint le double but qu'il s'était proposé, à savoir le redressement des griefs, cause immédiate des hostilités, et, en second lieu, le triomphe des intérêts communs à toute la chrétienté. Cette attitude irrita profondément l'Angleterre.

À Paris, l'ambassadeur d'Angleterre, sir Charles Stuart, essaya d'intimider le baron d'Haussez dans des entretiens semi-diplomatiques. Mais le ministre de la Marine repoussa ces démarches et l'on dit même que, dans la conservation, irrité du ton tranchant de l'ambassadeur, il lui déclara : « Si vous désirez une réponse diplomatique, M. le président du conseil vous la fera. Pour moi, je vous dirai, sauf le langage officiel, que nous nous f*** de vous ! »

Le baron d'Haussez fit poursuivre avec ardeur les préparatifs de l'effort de guerre. Dans tous les ports du royaume, il doubla la tâche des ouvriers ainsi que leur salaire et affréta en moins de trois mois cent bâtiments de guerre et quatre cents transports. La plupart des amiraux déclaraient pourtant le débarquement impossible, mais ils n'entamèrent pas la résolution du ministre, qui, fort de l'opinion de deux capitaines de vaisseau employés au blocus d'Alger, Gay de Taradel et Dupetit-Thouars, passa outre, déchira la nomination de l'amiral Roussin au commandement de la flotte, et en confia le commandement à l'amiral Duperré, alors préfet maritime à Brest.

Le baron d'Haussez signa les ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830, non sans avoir présenté quelques observations de forme. Le 28, il parut, dit-on, dans les rangs des troupes royales. Quand la victoire fut acquise à l'insurrection, il se rendit à Saint-Cloud auprès de Charles X, puis gagna Dieppe et, de là, l'Angleterre.

Impliqué dans le procès des ministres, il fut condamné par contumace, le 11 avril 1831, à la détention perpétuelle. Il passa son temps d'exil à visiter l'Italie, la Suisse et l'Allemagne et rentra en France à la faveur de l'amnistie de 1839 et fixa sa résidence dans le département de la Seine-Inférieure. Il renonça à la politique et mourut en 1854 au château de Saint-Saëns.

                                                                                                                                                                                     
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CHARLES BAUDIN

Charles Baudin, né en 1784 à Paris, mort en 1854, est un amiral français, fils du conventionnel Pierre-Charles-Louis Baudin (des Ardennes).

Biographie
À compter de 1800, il participe en tant qu'aspirant de deuxième classe sur le Géographe au voyage vers les mers du Sud de Nicolas Baudin.
Enseigne à bord de la frégate la Piémontaise, il assista en 1808 à un combat contre les Britanniques dans la mer des Indes, et il eut le bras droit emporté par un boulet, mais n'en continua pas moins à servir.
Lieutenant de vaisseau en 1812, il commandait le brick le Renard ; il reçut l'ordre d'escorter, avec une petite goëlette pour conserve, un convoi de quatorze bâtiments chargés de munitions navales, en destination pour Toulon. Parti de Gênes le 11 juin, le convoi fut constamment harcelé par les nombreux croiseurs ennemis qui infestaient la Méditerranée.
Le 16, se trouvant à la hauteur de Saint-Tropez, il lutte contre des vaisseaux britanniques de force supérieure. Ce combat valut au lieutenant Baudin le grade de capitaine de frégate.
Il quitta le service à la rentrée des Bourbons. La Restauration le mit en non-activité, mais le repos lui pesait ; il entra dans la marine marchande[3] . Il fonda au Havre une maison de commerce que ruina la Révolution de 1830.
1830 rendit ses épaulettes au capitaine au long cours. À la fin de 1833, il fut nommé capitaine de vaisseau, et en 1838, trente ans après le jour où il avait perdu un bras au service de son pays, il fut promu au grade de contre-amiral.
A cette époque fut résolue l'expédition contre le Mexique, il fut chargé en 1838, de tirer vengeance d'actes de violence commis au Mexique contre des négociants français.
L'amiral Baudin fut chargé du commandement de l'escadre. Arrivé devant les côtes de la Nouvelle-Espagne avec vingt-trois bâtiments, l'amiral épuisa, pendant un mois, toutes les voies de conciliation. Il fallut recourir à la force, et le 27 novembre 1838, la frégate amirale la Néréide, la Gloire et Ephigénie, et les bombardes le Cyclope et le Vulcain, ouvrirent un feu terrible contre Saint-Jean-d'Ulloa, forteresse regardée imprenable par les Mexicains, et qui commande le port et la ville de la Veracruz. C'est la bataille de San Juan de Ulúa.
M. Baudin fut nommé vice-amiral le 22 janvier 1839. En 1840, il reçut le cordon de commandeur et fut investi d'une mission militaire et diplomatique près de la République de Buenos-Aires, ainsi que du commandement en chef des forces navales dans les mers de l'Amérique du Sud. Il venait d'être élevé par Napoléon III à la dignité d'amiral lorsqu'il mourut en 1854.
Protestant, il fut élu président du conseil central des églises réformées par ses coreligionnaires.
                                                                                                                                                                                  

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COMTE ANTOINE APOLLINAIRE D'ARGOUT
I
Portrait vu par Honoré Daumier 

Le comte[1] Antoine Maurice Apollinaire d'Argout est un homme politique français, ministre et gouverneur de la Banque de France, né à Veyssilieu (Isère) le 28 août 1782 et mort à Paris le 15 janvier 1858.

Biographie
Issu d'une vieille famille du Dauphiné, Antoine d'Argout débuta dans l'administration comme receveur des contributions à Anvers (1806) avant d'être nommé inspecteur des contributions (1811), maître des requêtes au Conseil d'État (1814), conseiller d'État en service extraordinaire et préfet des Basses-Pyrénées (1815). Nommé ensuite préfet du Gard (16 février 1817), il contribua à apaiser les passions politiques, très excitées dans ce département.
Il fut nommé pair de France (5 mars 1819) par le duc Decazes. À la Chambre des pairs, il défendit le ministère, notamment contre les violentes attaques de Clausel de Coussergues, et vota constamment avec la droite modérée.

Lors de la Révolution de 1830, il s'efforça d'obtenir de Charles X le retrait des ordonnances de Saint-Cloud. Avec Sémonville, grand référendaire de la Chambre des pairs, il engagea, mais sans succès, le maréchal Marmont à arrêter les ministres et à transiger, au nom du roi, avec les insurgés. Le 29 juillet, il se rendit avec Sémonville au château de Saint-Cloud auprès du roi qui se laissa convaincre d'appeler le duc de Mortemart à former un nouveau ministère. Ils allèrent ensuite à l'hôtel de ville pour en apporter la nouvelle, mais ils furent éconduits.
D'Argout, seul, se rendit alors chez Jacques Laffitte, à la chaussée d'Antin, où il fut mieux reçu par les députés présents qui l'engagèrent à aller chercher à Saint-Cloud le duc de Mortemart, que Charles X avait chargé de former un nouveau gouvernement, succédant à celui du prince de Polignac. Mais, parti de Paris à dix heures et demi du soir, il ne put être de retour pour une heure du matin, heure limite jusqu'à laquelle les députés lui avaient dit qu'ils l'attendraient. Le lendemain, d'Argout retourna à Saint-Cloud avec le baron de Vitrolles et obtint de Charles X la révocation des ordonnances mais la commission municipale refusa de recevoir les pièces justificatives de cette décision. Malgré ses tentatives sincères pour sauver la monarchie légitime, le comte d'Argout s'accommoda fort bien de la monarchie de Juillet, qui convenait à ses opinions modérées.

Dès le 17 novembre 1830, il entra comme ministre de la Marine et Colonies dans le ministère Laffitte, succédant au général Sébastiani. Il contracta le choléra en avril 1832 mais en réchappa et resta comme ministre du Commerce et des Travaux publics dans le ministère Perier (13 mars 1831). Il conserva ce portefeuille dans le premier ministère Soult jusqu'au 31 décembre 1832, date à laquelle il devint ministre de l'Intérieur en remplacement d'Adolphe Thiers, jusqu'au 4 avril 1834, date à laquelle un remaniement l'écarta du ministère.
Il fut alors nommé gouverneur de la Banque de France, fonctions qu'il devait occuper continûment jusqu'au 9 juin 1857, sous réserve d'un intervalle de quelques mois en 1836, pendant lequel il fut remplacé par le baron Jean-Charles Davillier, tandis qu'il remplaçait, comme ministre des Finances, Georges Humann, démissionnaire du ministère Broglie (18 janvier 1836). Il conserva ce portefeuille dans le premier ministère Thiers, jusqu'à sa chute le 6 septembre 1836 et retrouva son poste de gouverneur de la Banque de France qu'il ne quitta plus. Il fut également vice-président de la Caisse d'épargne en 1842. Il fut élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1844. Élevé à la dignité de grand croix de la Légion d'honneur le 7 octobre 1847, il fit partie de la première promotion des sénateurs du Second Empire, le 26 janvier 1852.

Sous la monarchie de Juillet, le nez du comte d'Argout fut une cible favorite des caricaturistes. Ce fut certainement le ministre le plus malmené par La Caricature et par Le Charivari. Barthélemy ne le ménagea pas non plus dans sa Némésis, mais, selon le Dictionnaire des parlementaires, « ces attaques firent plus pour sa popularité que ses services ministériels et parlementaires ». Il a donné son nom à une rue du 2e arrondissement de Paris, à proximité du siège de laBanque de France.
                                                                                                                                                                                    

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